Contrats publics
le 16/04/2026
Romain MILLARD
Emile  BOISSEL DOMBREVAL

Panorama de la commande publique : les chiffres de 2024

OECP, Les chiffres des marchés publics 2024, mars 2026

En mars 2026, l’Observatoire économique de la commande publique (OECP) a rendu une étude sur les chiffres des marchés publics pour l’année 2024.

Ce recensement est d’autant plus intéressant que, pour la première fois, l’ensemble des marchés de plus de 40.000 euros HT a dû être déclaré, alors que le seuil de déclaration obligatoire était précédemment fixé à 90.000 euros HT.

En 2024, 223.383 marchés publics ont été recensés pour un montant total de 233,3 milliards d’euros, soit un record qui représente près de 8 % du PIB.

Dans le détail, c’est le secteur public local qui, une fois de plus, s’affirme comme la véritable locomotive de la commande publique française avec pas moins de 159.435 marchés conclus pour un montant de 100,7 milliards d’euros. Si l’on observe une baisse en volume par rapport à 2023 (-139.942 marchés), il s’agit d’une nette hausse en valeur (+ 27,3 milliards d’euros).

Quant à l’État (hors secteur hospitalier), il a conclu 30.629 marchés pour un montant total de 72,4 milliards d’euros. Il s’agit d’une nette hausse par rapport à l’année 2023, expliquée en partie par une meilleure collecte des données et par l’intégration des marchés de défense et de sécurité qui représentent, à eux seuls, 2.860 marchés et 38,5 milliards d’euros.

Le secteur hospitalier a, pour sa part, conclu 19.469 marchés publics pour un montant de 42,6 milliards d’euros.

Enfin, l’OECP s’intéresse aux « autres acheteurs », à savoir les entités adjudicatrices exerçant une activité de réseau, les entreprises publiques intervenant dans les secteurs régulés, les caisses de sécurité sociale ou les associations. Ces acteurs ont conclu 13.850 marchés en 2024 pour un montant de 17,5 milliards d’euros.

La répartition par typologie de marchés (travaux, fournitures et services) demeure conforme aux tendances habituelles. Pour l’État, les services dominent largement le bilan 2024, tant en volume qu’en valeur. À l’inverse, le secteur public local et les « autres acheteurs » concluent davantage de marchés de travaux. Toutefois, l’analyse en valeur nuance ce constat : les services l’emportent pour les collectivités territoriales (42 %) tandis que les fournitures prédominent chez les autres acheteurs (42,3 %). Enfin, le secteur hospitalier se distingue par une nette prévalence des marchés de fournitures, en nombre et en montant (64 %).

Au niveau global, les petites et moyennes entreprises (PME) représentent 60 % des marchés conclus mais seulement 25 % de leur montant total, preuve que les contrats à forte valeur financière restent largement captés par les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grandes entreprises (GE).

La représentation des PME diffère selon le type d’acheteur :

  • 56 % en nombre et 15 % en valeur des marchés de l’État ;
  • 40,6 % en nombre et 18 % en valeur pour le secteur hospitalier ;
  • 63 % en nombre et 35 % en valeur pour le secteur public local ;
  • 60 % en nombre pour 25 % en valeur pour les autres acheteurs.

Par ailleurs, l’OECP réalise ensuite différents « zooms » instructifs.

L’Observatoire s’intéresse notamment aux start-ups, ces entreprises réalisant des activités à forte valeur ajoutée : elles représentent 1,4 % des marchés conclus (3.138 marchés) pour une part en montant s’élevant à 3,1 % (7,3 milliards d’euros). C’est avec le secteur public local que les start-ups contractent le plus (58 % en nombre et 43 % en montant). En valeur, leurs principaux secteurs d’intervention sont le numérique (29 % des marchés en volume et en valeur), l’énergie (6 % en volume et 22 % en valeur) et les équipements scientifiques/R&D (3 % en volume et 15 % en valeur). En volume, ce sont le numérique et les prestations intellectuelles (26 % des marchés en volume et 11% en valeur) qui arrivent en tête.

S’agissant des considérations sociales et environnementales, les acheteurs sont encore minoritaires à insérer des clauses contractuelles ou des critères d’attribution relatifs à ces enjeux. En moyenne, 12 % des marchés conclus intègrent des considérations sociales et 25 % des considérations environnementales. Plus le marché est important, plus ces critères sont présents. Les « autres acheteurs » s’avèrent être les plus vertueux dans ce domaine.