Environnement, eau et déchet
le 10/09/2026

Trait de côte : la stratégie nationale 2030 est adoptée

Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte 2030 : Adapter la bande côtière au changement climatique

Consacrée au niveau législatif par la loi Climat et Résilience, la stratégie nationale pour une gestion intégrée du trait de côte (SNGITC), prévue à l‘article L. 321-13 A du Code de l’environnement constitue le cadre de référence pour la protection du milieu et la gestion intégrée et concertée des activités au regard de l’évolution du trait de côte à l’échelle d’une cellule hydro-sédimentaire et du risque qui en résulte.

Pour répondre aux objectifs désormais prévus par la loi, la stratégie nationale devait être révisée pour la période 2025-2030. Elle a ainsi été définitivement adoptée au mois d’août 2026.

La stratégie a vocation à répondre aux neuf principes communs dégagés par les différents acteurs en charge de définir la stratégie.

Parmi ces principes, on retiendra la nécessité de : prendre en compte le trait de côte comme un géosystème dynamique qui doit faire l’objet d’adaptations et de flexibilité dans le temps ; de planifier la recomposition du littoral pour maîtriser à long terme l’occupation du rivage ; de limiter l’urbanisation ; de restaurer les écosystèmes détériorés en favorisant les solutions fondées sur la nature ; d’intégrer tous les enjeux dans l’ensemble des politiques publiques existantes ; d’appréhender de manière globale les territoires exposés ; d’élaborer un projet territorial associant les populations concernées, concerté avec les territoires adjacents et rétro littoraux, basé sur une approche systémique, transversale et pluridisciplinaire ; d’anticiper les phénomènes physiques littoraux ; de partager les connaissances et les données entre tous les acteurs.

La stratégie se décline alors en 5 grands axes définissant eux-mêmes plusieurs objectifs :

  • AXE A : Approfondir et partager la connaissance, notamment à l’aide du réseau national des observatoires du trait de côte (RNOTC) ;
  • AXE B : Engager les territoires dans une trajectoire d’adaptation, qui doit notamment passer par l’inscription de nouvelles communes dans la liste du décret-liste identifiant les communes concernées par le recul du trait de côte, par le développement de stratégies locales à l’aide d’un guide dédié ou encore par l’accompagnement des collectivités concernées ;
  • AXE C : Mobiliser des outils d’adaptation notamment en renforçant l’acquisition du foncier par les collectivités, en développant le recours aux solutions fondées sur la nature, en dotant les collectivités de l’ingénierie nécessaire ;
  • AXE D : Impliquer et sensibiliser les acteurs par le renforcement de la formation notamment ;
  • AXE E : Financer l’adaptation des littoraux en mettant en place des outils facilitant l’accès aux outils de financement existants ou encore en encourageant le recours aux financements européens.

Selon les auteurs de la Stratégie eux-mêmes : « L’ambition de la révision de la SNGITC et de son programme d’actions est de renforcer la dimension intégratrice de la politique de gestion du trait de côte et d’encourager les territoires à développer des politiques locales d’adaptation opérationnelles. La stratégie réaffirme le principe du « Vivre avec le recul du trait de côte plutôt que lutter contre » […] ».

Elle devra s’articuler avec d’autres outils de planification tels que le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), la Stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML), la Stratégie nationale pour les aires protégées 2030 (SNAP), la Stratégie nationale biodiversité 2030 (SNB), le Règlement européen sur la restauration de la nature, la Stratégie nationale de gestion du risque inondation (SNGRI) ou encore les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE).